Une peinture n'est pas une image. Ce que le peintre fait, c'est de créer un objet unique qui est seul à porter l'intégralité de ce qui a été peint. La reproduction de la peinture est une altération, une amputation massive.
Une certaine idée de la peinture me pousse à intégrer dans la composition des éléments discrets ou plutôt, visibles presque uniquement par les yeux d'un être humain. Autour du goulot de la bouteille, parce qu'il est sur un fond noir, j'ai posé comme un voile léger, un peu plus clair, comme une aura, une auréole, une gloire.
Si la lumière, appréhendée au moins dans la théorie corpusculaire, rebondit en tout sens, on imagine l'élation du photon qui, ayant fait un long voyage avec peu d'espoir de retour au pays natal, transforme sa nostalgie en l'idée d'être messager de ce qui l'interceptera, ici, le goulot d'une bouteille dont, à force d'être traversée, un de ses atomes lui refuse le passage et le détourne.
C'est ainsi que ce photon déçu passe à la théorie crépusculaire, et rabat ses ambitions narcissiques sur l'air, l'atmosphère, l'éther... Avec le sentiment tragique d'innombrables photons rejetés, on peint une clarté rayonnante autour de l'objet, plus ou moins vive selon que c'est un saint ou le goulot d'une bouteille de vin et dans le cas qui nous occupe, c'est plus précisément une mandorle qui ceint le goulot chrysostome. Après tout ce long voyage pour n'être plus, par défaut, que messager de l'air, la transsubstantiation a enfin lieu, de lumière en pensée.

Mangeria, huile sur toile, 120 x 120, collection privée (commande)






esquisse, aquarelle sur papier, 20 x 20, 2001, collection privée


Mangeria I, huile sur toile, 120 x 120, 2001, première version


Mangeria II, huile sur toile, 120 x 120, 2001, collection privée


esquisse, aquarelle sur papier, 20 x 25, 2004, collection privée


esquisse, aquarelle sur papier, 20 x 20, 2004


dessin, graphite sur toile, 120 x 120






Mangeria, en cours


Mangeria, en cours




Une peinture n'est pas une image. Ce que le peintre fait, c'est de créer un objet unique qui est seul à porter l'intégralité de ce qui a été peint. La reproduction de la peinture est une altération, une amputation massive.
Une certaine idée de la peinture me pousse à intégrer dans la composition des éléments discrets ou plutôt, visibles presque uniquement par les yeux d'un être humain. Autour du goulot de la bouteille, parce qu'il est sur un fond noir, j'ai posé comme un voile léger, un peu plus clair, comme une aura, une auréole, une gloire.
Si la lumière, appréhendée au moins dans la théorie corpusculaire, rebondit en tout sens, on imagine l'élation du photon qui, ayant fait un long voyage avec peu d'espoir de retour au pays natal, transforme sa nostalgie en l'idée d'être messager de ce qui l'interceptera, ici, le goulot d'une bouteille dont, à force d'être traversée, un de ses atomes lui refuse le passage et le détourne.
C'est ainsi que ce photon déçu passe à la théorie crépusculaire, et rabat ses ambitions narcissiques sur l'air, l'atmosphère, l'éther... Avec le sentiment tragique d'innombrables photons rejetés, on peint une clarté rayonnante autour de l'objet, plus ou moins vive selon que c'est un saint ou le goulot d'une bouteille de vin et dans le cas qui nous occupe, c'est plus précisément une mandorle qui ceint le goulot chrysostome. Après tout ce long voyage pour n'être plus, par défaut, que messager de l'air, la transsubstantiation a enfin lieu, de lumière en pensée.

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